Manger au restaurant sans tout remettre en cause
« J'ai tout gâché samedi soir. » Cette phrase revient à chaque consultation du lundi. Elle est presque toujours fausse, et c'est elle qui pose problème.

Faisons le calcul
Un repas copieux au restaurant représente un écart sur vingt et un repas hebdomadaires. Même généreux, il pèse peu au regard de ce que vous avez mangé le reste de la semaine. Ce qui construit un résultat, c'est la régularité des quatorze ou quinze repas ordinaires, pas la perfection du vingt et unième.
Un accompagnement qui vous empêche d'aller au restaurant n'est pas un accompagnement réussi. C'est un régime, et il s'arrêtera le jour où votre vie sociale reprendra ses droits.
Avant d'y aller
La pire stratégie consiste à sauter le repas précédent pour « faire de la place ». Vous arrivez affamé, vous mangez le pain de la corbeille avant même la commande, et vous perdez toute capacité de choix. Mangez normalement dans la journée.
Si la carte est consultable en ligne, regardez-la avant de partir. Choisir à froid, sans la faim et sans la pression du serveur, donne un résultat très différent.
À table
- Choisissez ce dont vous avez vraiment envie. Un plat pris par raison, qui vous laisse frustré, se solde par un dessert que vous ne vouliez pas.
- Entrée ou dessert, rarement les deux — et laissez-vous décider au moment venu plutôt qu'en commandant tout d'emblée.
- Demandez la sauce à part quand c'est possible : c'est souvent là que se joue l'essentiel de l'écart, sans rien apporter au goût du plat.
- Buvez de l'eau entre les verres. L'alcool désinhibe et fait manger davantage, bien plus sûrement que le contenu de l'assiette.
- Posez vos couverts entre les bouchées. La satiété met vingt minutes à arriver ; au restaurant, on finit souvent avant qu'elle ait eu le temps de se manifester.
Le vrai problème est le lendemain
Ce qui fait dérailler un rééquilibrage, ce n'est presque jamais le repas au restaurant. C'est ce qui suit : la journée de compensation, les repas sautés, le sentiment d'avoir échoué — et souvent, quelques jours plus tard, le renoncement complet.
Le lendemain d'un repas de fête, on ne compense pas. On reprend simplement ses repas habituels, sans y penser davantage. C'est aussi simple que cela, et c'est la partie la plus difficile.
Fabienne Ubezio
Nutritionniste
Cet article donne des repères généraux. Il ne remplace pas un avis personnalisé : si vous suivez un traitement ou si vous avez une situation médicale particulière, parlez-en à votre médecin ou prenez rendez-vous.